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Surveillant dans ma loge, mon VM me demande d'enquêter un profane. Je lui ai demandé si on avait un support de travail, il me dit de me débrouiller. Pouvez-vous me conseiller ?

June 25, 2019

Il faut savoir que enquêter un candidat demeure une spécificité française et par extension francophone. Dans le monde, cela ne se pratique pas. On coopte un profane comme on le fait dans les grandes association performantes telles le Lion's Club ou le Rotary, fondés par des frères américains, et c'est infiniment plus efficace. Pourquoi cela ? Parce que l'on connaît la personne que l'on fréquente dans la vie professionnelle, au country club ou au golf ou dans tel mouvement associatif ou philanthropique ou religieux. Ceci permet de le connaître, de savoir ce qui l'intéresse dans la vie, s'il s'implique ou non activement dans la société, s'il est quelqu'un de fiable, de solide dans la vie, etc.

 

En France, nous avons le système des enquêtes qui donnent rarement satisfaction auquel on ajoute le passage sous le bandeau, ce qui n'existe pas non plus ailleurs dans le monde. Si les enquêtes sont de qualité, le passage sous le bandeau ne présente aucune utilité. Compte tenu qu'actuellement dans les obédiences il faut faire entrer des candidats coûte que coûte, on peut se demander à quoi tout cela sert-il véritablement sinon à perdre du temps.

 

Puisque nous évoluons dans le système français, il devrait y avoir une partie spécifique pour chaque enquêteur. Ceci éviterait d'avoir 3 comptes-rendus quasiment identiques comme on le voit trop souvent dans nos loges.

 

1ere enquête : elle porte sur le passé du profane. Ce qu'il a vécu, ce qui l'a marqué, blessé, traumatisé ou rendu heureux, ce qui peux expliquer son comportement ou certaines réactions chez lui. Comment a-t-il surmonté des épreuves s'il en a traversé ? Avec le soutien d'une personne ou par la musique, le sport ou une activité particulière ? S'il a eu la chance d'avoir un ou des modèles autour de lui qui ont pu lui donner des valeurs, des principes de vie, une philosophie de l'existence. Le but de cette rencontre c'est de se former une image de la personne qu'est actuellement le candidat.

 

2e enquête : c'est d'aborder le présent et les projets d'avenir. Que fait-il professionnellement, comment envisage-t-il son avenir ? Compte-t-il changer de ville, de région, quitter la France ? Quelles sont ses valeurs religieuses : pratique-t-il ? Pourquoi ? Quelle est sa situation civile ? S'il vit maritalement pourquoi n'est-il pas marié ? Nous devons entrer dans sa vie pour le découvrir, déceler ses points forts, ses faiblesses, ses hésitations. Quelles sont ses centres d'intérêt, ses passions, ses loisirs, ses temps de liberté ?

 

3e enquête : c'est la partie qui nous concerne le plus. Pourquoi vient-il en franc-maçonnerie ? Qu'est-ce qui l'attire ? Qu'en imagine-t-il ? A-t-il un goût pour l'ésotérisme, le mystère, les civilisations antiques, la ou les religions ? Lui demander ce qu'il pense de la philosophie, des philosophes antiques puis modernes, s'il en connaît au moins de nom. Que représente la religion pour lui ? Distingue-t-il justement la religion de l'appareil administratif religieux ? Exemple : la foi est une chose, le Vatican en est une tout autre. Que pense-t-il de la spiritualité ? Comment l'envisage-t-il ? Qu'attend-t-il des hommes ? Que ferait-il s'il avait la possibilité de changer quelque chose dans sa vie, dans la société ? Que pense-t-il de la Mort ? De la Vie ?

De l'initiation primitive ? Des initiations modernes ?

 

Voici une trame non exhaustive de ce que l'on doit aborder avec un candidat. On doit poser les questions naturellement. C'est un dialogue donc on peut répondre, apporter une information, lui expliquer ce qu'est le symbolisme s'il ne le sait pas. L'enquêteur représente la FM, il ne peut pas fuir ni donner une mauvaise image de marque en fuyant sa responsabilité. Si le candidat fournit une réponse qui ne va pas dans le sens que nous espérons, demandez-lui alors : pourquoi ?

 

Important. Les 3 enquêteurs doivent souligner ce qui suit.

 

Il faut lui dire que les loges ne sont pas un monde parfait, tous les maçons ne changent pas, beaucoup restent esclaves de leurs passions, de leurs défauts. Qu'il ne s'attende donc pas à entrer dans une société parfaite, idéale. Il pourra prendre des coups, découvrir des trahisons, de mauvais frères, il faut le prévenir que toutes ces anomalies n'entachent en rien la Maçonnerie qui est parfaite et d'une grandeur que trop de maçons ne soupçonnent même pas. 

 

Il faut aborder la partie temps disponible pour les tenues et les séances de formation puis la partie pécuniaire. Les dépenses liées au travail maçonnique sont conséquentes sur une année. Il y a les 2 cotisations, le droit d'entrée (un candidat que j'ai orienté vers la GLNF, puisque tel était son désir, a fait un bond quand il a vu qu'on lui demandait 400 euros de droit d'entrée dans la loge ou frais de cérémonie), les accessoires et livres à acheter, les frais de bar et de repas, ceux de déplacement. Il convient ici d'évaluer un budget approximatif annuel pour qu'il sache à quoi il s'engage en termes de dépenses globales. On y ajoutera la nécessité de chemise blanche, de costume sombre et de cravate noire qu'il faut acheter, s'il n'en a pas. Ceci ne risque-t-il pas de mettre le budget familial, s'il a famille et enfants, en péril ?

 

II convient enfin d'aborder le sujet de l'évolution dans les hauts grades.

 

Un maçon non religieux peut le devenir ou réveiller une foi endormie s'il fait le travail que la chaîne symbolique lui soumet. Ce qui ne le dérange pas actuellement peut devenir inaceptable pour lui dans quelques années. Cela peut aussi se produire après avoir reçu tous les grades. Un de mes amis de religion juive était au REAA, il a fait un scandale en refusant lors de sa cérémonie de réception au 18e degré d'aller plus avant et de se mettre à genoux. C'était incompatible avec sa foi. Le T.S. a interrompu les travaux, lui a dit que le prochain grade, le Kadosch, était parfait pour lui. Il n'a rien voulu entendre et a claqué la porte en disant aux frères : "si on m'avait dit que c'était ça le REAA, je n'y serai jamais venu. Vous m'avez fait perdre 15 ans de ma vie". Eh oui, on ne lui a jamais dit qu'un jour il serait devant un grade strictement chrétien, ce qui ne pouvait pas lui convenir lui qui allait à la synagoque. Le problème de la religion devient de plus en plus délicat dans les loges. Il y a les frères qui n'en veulent pas du tout même et surtout au Rectifié et ceux qui en souhaitent davantage. Le seul mot de maçonnerie chrétienne fait fuir de nombreux candidats. Ici se pose le problème de la qualification des profanes au regard de l'initiation, tous les hommes ne se trouvant pas disposés par nature à pouvoir y prétendre et la réaliser.

 

Le rite.

 

Il est indispensable, avant que le profane entre en loge, de définir le rite qui pourrait être le meilleur pour lui. Il ne faut pas orienter des Juifs vers le REAA mais vers le rite anglais de style Emulation, ainsi pourra-t-il, s'il le désire, accéder à l'Arche Royale où les bannières des 12 tribus d'Israël et le contenu du grade le rassureront sans le choquer ou s'avérer incompatible avec sa foi.

 

Il y a ensuite le type de loge.

 

Toutes les loges sérieuses ont une spécificité. Elles peuvent avoir une orientation opérative, alchimique, hermétique, spirituelle orientale ou occidentale, historique, musicale (comme la loge Amphyon de la GLNF), la philosophie antique et moderne, la politique (toutes les grandes mairies ont leur loge), etc. La particularité de la loge peut ne pas convenir au candidat et, si c'est le cas, il partira à la fin de sa 1ère année ou après fait sa maîtrise. Tout le monde aura perdu son temps sans aucun profit et l'obédience aura perdu un frère qui aurait été probablement heureux dans une autre loge ou un autre rite.

 

Un enquêteur doit anticiper et projeter le candidat dans son futur maçonnique. Si on passe tout ceci sous silence, on n'accomplit pas sérieusement son travail d'enquêteur. On s'expose à la déception du futur Apprenti, Compagnon puis Maître et à son départ. On connaît la statistique actuelle : le temps moyen d'une sœur ou d'un frère est de 5 ans dans l'obédience. Il s'agit d'une moyenne, ce qui implique que certains partiront ailleurs dès qu'ils seront Maîtres et d'autres dans 8 ou 10 ans voire plus. Il y a aussi des Apprentis qui partent dès leur 1ere année. Ce sont toujours les courageux, les plus motivés qui savent ce qu'ils cherchent et veulent trouver, les meilleurs, qui partent. Une sœur ou un frère qui s'en va, c'est aussi et surtout la marque de l'échec du groupe qui n'a pas su ou voulu apporter ce que le candidat espérait y trouver, y découvrir. On appelle cela la non réponse à une attente, ce qui s'avère inacceptable dans une société qui a pour but fondamental la transmission de l'initiation pour l'Occident.

 

Ici, il ne faut pas oublier que la Maçonnerie a été développée par des Chrétiens pour des Chrétiens : la Maçonnerie opérative fut quasi exclusivement catholique romaine puis anglicane puis protestante, tous les rites furent donc établis pour des Chrétiens. Si la Maçonnerie reste universelle par ses principes et ses valeurs, aucun rite ne l'est et je le déplore. Il faut des rites qui tiennent compte des particularités de toutes les religions. Une Maçonnerie établie sur le caractère des religions abrahamiques ne peut satisfaire tous les besoins dans le monde. Nous ne pouvons pas dans un même rite satisfaire des catholiques traditionnels, des orthodoxes mystiques, des musulmans, des juifs, des indiens, des bouddhistes, des animistes, etc. L'initiation est universelle mais pas les rites que nous connaissons.

 

A quoi servirait de faire entrer dans notre loge un candidat qui ne restera pas ? Je connais une loge RER qui a fait entrer un candidat musulman. Il nous a quittés au bout de 6 mois. Ce test fut malheureux pour tous.

 

Si la loge ou le rite pratiqué par le Parrain ne convient pas au profane, il y a la solution de l'orienter, de le diriger ailleurs, vers un autre rite, s'il le faut. Notre responsabilité individuelle nous commande de servir au mieux la Maçonnerie et les hommes, non pas dans le sens de notre intérêt, mais dans celui des autres, ici celui des candidats. N'oubliez jamais cela.

 

PS. Vous cherchez conseil si on vous propose de venir V.M ou étant nouveau V.M ? Voir la partie qui vous concerne dans le livre Les Planches du Maître.

 

   Si vous êtes nommé 2e Surveillant : voir La Formation Maçonnique ( + de 900 pages ) + Les Planches de l'Apprenti qui vous apporteront le matériel dont vous avez besoin pour vous former puis instruire les Apprentis.

 

   Si vous devenez 1er Surveillant, procurez-vous Les Planches du Compagnon.

 

Christian GUIGUE

www.guigue.info

 

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