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C'est les vacances. L'année vient de se finir. Elle ne m'a pas satisfait et je pense arrêter la Maçonnerie. Je n'y trouve rien de ce que j'en attendais, ni soutien, ni compréhension, ni fraternité, ni connaissances. Pensez-vous que cette décision soit opportune ?

July 14, 2019

Ce que vous vivez en ce moment, des milliers de soeurs et de frères le suivent également. C'est la raison qui les fait changer non pas seulement de loge mais carrément d'obédience.

 

Vous formulez une déception envers la franc-maçonnerie. Vous devez savoir qu'elle n'est absolument pour rien dans ce que vous avez pu constater dans votre loge et/ou ailleurs. La Maçonnerie est un monde extraordinaire dont les maçons eux-mêmes ne soupçonnent pas la richesse, ce qu'elle comprend, ce qu'elle implique. Il en va de même pour la religion que les hommes confondent trop souvent avec l'appareil ou le corps sacerdotal et les défaillances de ses représentants.

 

Les hommes, par contre, restent ce qu'ils sont avec leur petitesse d'esprit ou d'intelligence ou leur élévation, leur médiocrité ou leur grandeur, leurs ténèbres ou leur sagesse. Ne vous attendez pas à ne trouver que le meilleur du meilleur, où que vous soyez, en religion comme en Maçonnerie ou chez les Martinistes ou les Rosicruciens. Si l'on ne vous a pas averti de cela lorsque vous avez été enquêté étant alors profane, ces enquêteurs ont failli à leur devoir. Ils n'ont pensé qu'à recruter sans tenir compte de l'intérêt du candidat ni de celui de la loge ni de celui de l'obédience. A quoi sert de faire entrer si c'est pour voir le jeune maçon s'en aller ou renoncer prochainement à la Maçonnerie, cas bien pire encore.

 

De nombreux candidats viennent vers la Maçonnerie parce qu'ils imaginent un monde parfait, tolérant, fraternel, prêt à aider celui qui en a besoin, un univers où l'on va découvrir les mystères du monde et de l'homme. Et la réalité du terrain se trouve souvent à l'opposé de ces attentes. Non seulement meliora praesumo n'existe pas pour la quasi totalité des hommes mais on rencontre souvent le pire, plus de méchanceté et de jalousie que dans la vie profane, quand on espérait y trouver le nec plus ultra. Et c'est tout le drame de la Maçonnerie et des obédiences que ce qui se passe malheureusement de plus en plus souvent sur le terrain ne correspond pas aux valeurs traditionnelles maçonniques : égalité de traitement entre tous les frères, droiture morale, respect de ses devoirs, de son engagement, fraternité, tolérance. On connaît le mot fameux de Claudel : " La tolérance ? Il y a des maisons pour cela !" ; les maisons de tolérance de son temps étant les bordels. Plus maçonniquement, nous devrions tous appliquer la pensée de Voltaire qui se résume ainsi : " Je ne suis absolument pas d'accord avec vous, je déteste même votre propos, mais je me battrai à vos côtés pour que vous puissiez l'exprimer". C'est cela la véritable tolérance maçonnique, accepter - non parce qu'on approuve - ce que l'on entend et qui ne nous convient pas, mais parce que cette acceptation devient la marque de notre liberté souveraine. En Maçonnerie, tout doit pouvoir se dire dans le respect de la liberté d'expression. C'est l'amendement n° 1 aux USA mais aussi en FM. Et tant pis et tant mieux si cela ne nous plaît pas. Où serait notre mérite de maçon si nous n'avions jamais d'effort à faire sur nous-mêmes ?

 

Lorsque vous êtes entré en FM, on vous a demandé de vous engager par un serment ou une obligation prise sur la Bible. On oublie quasi généralement qu'un engagement implique deux parties, qu'il n'est jamais unilatéral : s'engager, c'est établir un contrat moral que les deux parties doivent respecter. Cet engagement se trouve pris devant le VM et tous les frères et/ou les soeurs de la loge qui doivent vous donner les moyens de vous trouver en mesure d'assurer avec succès vos divers devoirs. L'engagement ne consiste pas en un ensemble de contraintes pour vous quand les autres exigent que vous accomplissiez ce qu'ils ordonnent mais ne sont pas obligés de faire pour leur part, le fameux : "faites ce que je dis mais non ce que je fais".

 

Quand un profane vient pour trouver en FM des valeurs que l'on ne rencontre plus guère dans une société en déliquescence, on doit les lui offrir. Comment pourrait-on oser se dire maçon et ne pas pratiquer réellement la tolérance, l'égalité pour tous - ce qui n'est aucunement le cas en France avec le système de promotion à la tête du client voire pour l'attribution des offices -, l'assistance fraternelle et bien d'autres choses encore comme l'accès à des connaissances réelles ? Suivre un rituel quand on ignore tout de ce que cela signifie, implique et met en oeuvre, quand on n'est pas capable - et ce n'est pas ici une critique : comment pourrait-on devenir compétent ou connaissant si personne ne peut vous apprendre ce qui est capital dans l'Ordre ? - de reconnaître à titre personnel si ce rituel est correct ou comporte des erreurs qui le rendent inopérant, c'est ne pas s'avérer connaissant du tout, c'est établir de fait sa non inaptitude en la matière.

 

Vous aspiriez à trouver des frères de qualité et vous avez rencontré des hommes avec toutes leurs faiblesses. Votre déception semble indiquer que vous n'auriez probablement pas eu envie de les fréquenter dans votre vie civile. D'ailleurs, vous vous posez la question d'arrêter la Maçonnerie.

 

Un conseil en la matière n'est pas facile à établir. Vous connaissez l'adage : " les conseilleurs ne sont pas les payeurs". Je vous dirai ceci :

 

Si vous portez toujours en vous cette aspiration à ces valeurs de fraternité, de communication et d'espoir d'accès à des connaissances ésotériques sinon occultes car on ne peut pas les révéler à n'importe qui de non méritant sans vous y inclure ici bien évidemment comme non méritant, de tolérance et de soutien personnel, la Maçonnerie non seulement est faite pour vous mais Elle a besoin de maçons ayant votre exigence et la pratiquant.

 

Je vous suggère d'aller visiter d'autres loges le plus possible, de divers rites et de diverses obédiences. Restez là où vous vous trouvez pour l'instant mais préparez votre avenir en essayant de découvrir l'organisation qui serait la meilleure pour vous et, quand vous l'aurez trouvée, déposez votre demande d'affiliation ou d'intégration pour en devenir membre à part entière. Quand cela sera fait, alors, vous démissionnerez de celle où vous êtes actuellement.

 

Des milliers de soeurs et de frères changent d'obédience chaque année. De nouvelles obédiences et structures de hauts grades se créent en permanence. Quand on n'est pas bien dans sa loge, généralement on quitte aussi l'obédience. Une étude a établi que le délai moyen de présence d'un maçon est de 5 ans dans une grande loge. L'informatique permet aisément d'avoir cette donnée, il suffit simplement de vouloir connaître ce chiffre. 5 ans reste une moyenne. Cela implique que des frères peuvent avoir 12 ou 15 ans de présence quand d'autres s'en vont au bout d'un an voire même seulement quelques mois de présence : un frère de ma loge est parti au bout de 6 mois bien que, comparativement à beaucoup d'autres, c'est une bonne loge où l'on travaille particulièrement bien le rituel  mais ce frère avait un problème de conscience religieuse étant musulman dans un rite chrétien où il n'aurait jamais dû entrer. Statistiquement, si ceux qui partent sont plus nombreux que ceux qui restent, la moyenne chute. Beaucoup attendent aussi de faire leur maîtrise et s'en vont : c'est un conseil que je donne souvent. D'autres ne veulent pas attendre 5 ans pour devenir Maîtres surtout s'ils éprouvent un malaise à rester dans une loge qui ne leur convient pas, ils préfèrent refaire un parcours ailleurs où au moins ils se sentiront mieux.

 

Ceux qui n'ont pas compris que la durée de présence imposée dans un degré, - 3 ou 4 ans à partir du 3eme grade - est un critère incompatible dans le monde de l'initiation, ont une mentalité inadéquate et inadmissible dans cet univers, ils sont restés profanes avec des critères et des valeurs qui n'existent même plus dans la société civile où désormais il faut être le meilleur, après plusieurs étapes de sélection, pour accéder à telle fonction ou emploi. Quand des organisations impliquent des blocages de 3 ou 4 ans pour accéder à une fonction dans l'obédience ou changer de grade, cela ne repose sur rien de sérieux. Pourquoi se priver pendant des années de soeurs ou de frères qui ont des compétences précieuses dont on a besoin de suite à divers degrés de la hiérarchie et même tout en haut ? C'est pour cela que tous les critères officiels de passages ou changements de grades impliquent des délais très courts : voir le Code de Lyon pour le RER ou l'arrêt signé par Cambacérès, alors Souverain Grand Commandeur, pour le REAA, et ces délais a minima peuvent encore se trouver réduits voire supprimés. C'est à cela que l'on juge la qualité d'un règlement, il doit pouvoir répondre à toutes les situations donc anticiper avec des possibilités de prendre des mesures fussent-elles hors norme ou d'exception.

 

Pour d'autres soeurs et frères qui se poseraient la même question que vous, il suffit de faire la balance entre ce que vous donnez, ce que vous apportez et ce que vous recevez. Si on vous impose des exigences comme se trouver bloqué x années ou devoir passer par tel grade pour accéder à telle fonction, ces gens sont des fonctionnaires étriqués à la Courteline, quittez votre rite et allez au rite Emulation voire au York qui ne connaîssent pas ces errements.

 

Si la balance est négative, si vous donnez beaucoup en termes de travail et d'assiduité quand d'autres manquent à loisir et ne planchent jamais ou si peu, si vous ne recevez rien ou trop peu en retour, il y a déséquilibre en votre défaveur. On peut alors comprendre pourquoi vous ne vous sentez pas bien dans votre groupe et votre malaise. Trop de hauts dirigeants des divers rites oublient de considérer que l'on ne vient pas en FM pour prendre des coups ou se sentir mal ou pour devenir le sujet de l'injustice ou de l'inégalité de traitement. Après cela, ils s'étonnent que des frères s'en aillent et ils jouent la surprise quand ils sont au bout du compte la cause et les artisans de cette situation. Certains osent même dire parfois en réunion nationale : "chez moi, il n'y a pas de problèmes" quand ils sont quasiment partout les mêmes.

 

Si vous vous sentez mal à l'aise là où vous vous trouvez, cet état n'étant ni acceptable ni tolérable en Maçonnerie, partez, ne perdez pas votre temps ni votre argent, des centaines d'euros de cotisation et capitation pour rien. Vous êtes présent à toutes les tenues, ce qui ne plaît pas à votre épouse et vous crée des difficultés familiales, vous tenez les fonctions que l'on vous confie. Pourquoi ? Pour rien en retour sinon encore pour recevoir des critiques de la part des absents et de ceux qui ne planchent jamais ? On comprend que cela ne soit pas tolérable.

 

Ou faites comme de plus en plus de frères, soyez ailleurs dans d'autres groupements initiatiques qui vous permettent de vivre enfin ce que vous espériez en Maçonnerie mais que vous ne trouvez pas là où vous êtes. Je pense à mon Thierry, ancien chevalier Kadosch,  qui dit : " Chez les templiers de l'Ordre Souverain du Temple, j'ai enfin trouvé la paix ! ".  Cette paix profonde nous devons tous la connaître la vivre en Maçonnerie. Si le chaos, au lieu de l'ordre, règne dans votre structure, ne venez à la loge que lorsque vous en aurez l'envie, une fois sur 3 ou sur 4, ce qui donnera au moins le plaisir à votre épouse de vous avoir plus souvent avec elle, elle qui est infiniment plus précieuse que ceux qui vous font perdre votre temps. Quand vous serez gravement malade, c'est votre épouse qui sera là, à vos côtés, pas vos frères.

 

La vie est trop courte et la Mort arrive si vite voire si injustement, alors nul ne peut se permettre de gaspiller inutilement son temps.  Ici, je pense à toi, mon BAF Jean-Gabriel, parti si soudainement.

 

Je vous souhaite bonne chance, mon frère. Que votre route soit belle. Je n'en doute pas tant que vous conserverez vivantes en vous ces valeurs.

 

La Maçonnerie est un diamant mais à quoi peut-il servir si personne ne sait le découvrir, le reconnaitre, l'extraire puis le tailler comme il convient, pour finir par trouver l'amateur qui saura l'apprécier et le valoriser ? C'est une image mais tellement révélatrice de ce qui se passe en France aujourd'hui.

 

 

 

 

 

 

 

 

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