ECUYER NOVICE : On me demande comme travail : L'Ordre est chrétien.

Je ne saisis pas bien ce que l'on attend de moi.


REPONSE : Votre Commandeur attend de vous que vous ayez bien compris ce qu'est le rite Ecossais Rectifié. Au Grand Directoire Ecossais de la GLNF, c'est leur thème de travail de l'année.


En réalité personne ne sait très bien ce qu'il est ou n'est pas, ici être chrétien, dans les trois premiers degrés. On parle des Grands Prieurés mais ces structures ne peuvent pas vraiment se voir considérées comme maçonniques, elles font autre chose. En fait ce n'est plus de la Maçonnerie mais cela n'a rien de templier non plus sinon la vestition, l'habillement des frères et encore il manque la capuche. Un manteau templier sans capuche cela n'a jamais existé.


On dit le rite templier mais rien non plus n'apparaît dans les rituels ni leur pratique dans les quatre premiers grades. Il semble plus juste de le dire très 18eme siècle avec le port du chapeau et de l'épée. D'ailleurs le rite s'est vu tellement modifié, à commencer par Willermoz sans qu'il fut mandaté à ce sujet par une autorité française constituée. Le convent de Wilhemsbad fut une telle pétaudière, où s'affrontaient la stricte observance, les anti templiers de Zinnendorf et les Illuminés de Bavière, que les germaniques ne se souciaient aucunement des français dont ils n'avaient que faire. D'ailleurs le grand vainqueur de ce convent fut Weshaupt et ses Illuminés de Bavière.


Si nous nous plongeons dans l'histoire de la Maçonnerie depuis son origine, elle était foncièrement catholique romaine en tant que maçonnerie opérative laquelle dura près de 800 ans du onzième siècle jusqu'au début du 19e. Même avec l'avènement de la FM spéculative, elle resta chez nous catholique romaine, elle l'était toujours à l'époque de la fondation du Rectifié en 1773 lorsque le Baron Weiler de la Stricte Observance vint à Lyon armer les premiers chevaliers. Joseph de Maistre, de la loge Les 3 Mortiers à l'orient de Chambéry, ville du royaume de Savoie dont la capitale était alors Turin, qui fut une grande figure du Rectifié débutant, attendait que les loges devinssent des centres de religion, ce qui n'avait rien d'anormal en soi vu qu'il était le représentant du Pape pour son royaume, et parce que les maçons de toutes les loges croyaient en Dieu et travaillaient avec la Bible. Il faut également savoir que, jusqu'à quasiment la fin du 19e siècle, on ne pouvait pas devenir maçon si on était juif. Il importe de signaler ici que si la Maçonnerie française, espagnole, italienne, restaient catholiques romaines, chez les anglo-saxons, la religion catholique anglicane côtoyait la réformée.. En fait l'opposition, la guerre même, le mot n'est pas trop fort, qui séparait les Moderns des Antients tenait à leur origine religieuse : les Antients étaient catholiques quand les Moderns se disaient protestants. On peut en voir l'opposition qui perdure encore aujourd'hui avec les deux pays d'Irlande : le sud reste catholique quand le nord est protestant. Et les protestants s'étaient emparés de la Maçonnerie en créant la première grande loge, celle dite de Londres et de Wesminster, qui voulait imposer son pouvoir à la totalité des loges et des maçons anglais indépendants et libres jusque-là. Cet acte fut une guerre déclarée, un viol des usages et traditions maçonniques. La Maçonnerie des états germaniques suivait celle des anglais puisque la Stricte Observance était protestante. En rejoignant cette maçonnerie germanique, les français durent adapter les rituels. En effet, il n'était plus question d'exiger la religion catholique romaine mais de trouver une formulation qui ne puisse guère susciter de protestation voire d'opposition ou de refus, ce fut "la sainte religion chrétienne". Les fondateurs ne purent plus évoquer la Vierge Marie, que les protestants refusaient mais il en va toujours ainsi de nos jours, il fallut trouver un stratagème pour la faire figurer très discrètement dans les textes sans que cela puisse heurter, elle devint "la dame que l'on estime le plus". Le Code des Loges réunies et rectifiées des Gaules précise à ce propos, lors de la remise des paires de gants au nouveau reçu, que ces gants "ne doivent point orner les mains d'une prostituée". Au mieux, des maçons, à l'instar de Goethe, les remirent à l'élue de leur coeur mais ils furent rares ceux qui découvrirent que la dame était Marie la mère de toutes les miséricordes.


Revenons au thème du travail. Quels éléments peuvent-ils nous indiquer que le rite écossais rectifié dans sa globalité, - ce qui en fait un Ordre, j'ai entendu dire qu'il s'agissait même d'un " Saint Ordre " -, est chrétien ?


.Parmi les rites alors pratiqués en France, aucun se distinguait particulièrement à ce propos, tous se trouvaient chrétiens puisque les maçons qui y travaillaient étaient catholiques. il en alla de même pour le rite que l'on nommait alors le rite Templier à l'orient de Lyon. Dans le rituel de travail ordinaire, il n'y a rien ni dans celui d'Apprenti, ni de Compagnon ni de Maître qui puisse nous faire sentir ce caractère. Il faut se référer aux rituels de réception. Au premier degré, on fait demander le nom de baptême du père puis de l'impétrant ; lors de la prestation de l'obligation, on trouve la mention de sainte religion chrétienne. A part cela, il n'y a rien. On n'évoque nulle part les saints ni Jésus-Christ ni sa sainte mère. La Bible ouverte au prologue de l'évangile de Jean n'y suffit pas. Il faut attendre la fin de la réception comme Maître Ecossais de Saint André, au dernier voyage, presque par accident car il fallait bien caser cette formulation graphique quelque part sans trop choquer, pour que l'on nous présente l'agneau portant l'étendard. On aurait pu l'associer à une page de propos religieux explicatif, il n'en fut rien, comme si l'on se trouvait dans l'obligation de l'évoquer mais sans s'y attarder. En fait le contenu du grade de Maître X laisse dubitatif quand on compare les textes RER et REAA. On le dit écossais rectifié quand il s'avère surtout ancien et accepté. Le premier Suprême Conseil de France, le second au monde, venait d'être créé en 1804, le REAA constituait la nouveauté et la mode du moment. Willermoz, qui était en sommeil depuis quasiment une vingtaine d'années, avait besoin de matière pour terminer ce rituel du 4eme grade que personne n'attendait vraiment à l'exception des strasbourgeois de Turckheim car tous les lyonnais et bourguignons ne voulaient plus de Willermoz qui ne fut jamais un symboliste ni un rituéliste ni un spécialiste en ésotérisme, au contraire d'un Saint Martin connaisseur dans ces disciplines. Ab Eremo n'avait plus de contacts avec ses anciens frères pouvant l'aider, il puisa dans les rituels écossais anciens et acceptés. Il n'y eut jamais de chaînes présentes au RER dans les grades précédents, ni de frères déportés en captivité à babylone ce qui marqua la fin du Yhavisme ancien, au REAA oui.


Je vais vous laisser vérifier ce qui peut se trouver énoncé qui évoque le Christianisme dans le rituel d'EN que vous pourriez reprendre..






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