Je ne comprends pas pourquoi des frères quittent ma loge ?
- 17 févr.
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Dernière mise à jour : 21 févr.
On ne s'en va pas jamais sans avoir une forte raison surtout si on été initié dans cette loge.
L'idéal ? Posez leur la question. Vous avez un téléphone ? Appelez-les !
Maintenant si des frères partent, vous devriez vous doutez de ce qui se passe dans votre groupe. Beaucoup de choses se disent à l'agape ou sur le parking avant de rentrer chez soi. On ne peut pas constater que le tiers ou le quart voire plus encore de frères partent chaque année sans que l'on se pose cette question. Et si l'on ne réagit pas, c'est que soit l'on ne s'intéresse pas du tout à ce qui se passe dans le groupe, soit que l'on figure parmi les motifs de départ : les frères ont des choses à vous reprocher.
Une loge reste une ensemble de personnalités et d'attentes fort différentes les unes des autres, vouloir que tout se passe le mieux du monde en permanence restera à jamais une vue de l'esprit. Cela peut très bien fonctionner pendant un temps et commencer à connaître des soubresauts dès que les ambitions se manifesteront. Il peut y avoir une tranquillité avec un vénérable et son collège d'officiers puis lorsque son mandat arrive à son terme des frères veulent prendre sa place. Il peut y avoir plusieurs candidats chacun ayant ses supporters. Dès que les noms se trouvent connus, certains font réagir. Des frères vont applaudir pour untel et ne pas vouloirs des autres et inversement pour chacun des postulants. Ceci se trouve souvent aggravé par l'interférence des hauts grades comme le Rite Ecossais Rectifié qui se moque totalement de la Grande Loge qui gère les grades bleus. Pour le Blanc, le Bleu et même le Verrt, c'est de la gnognotte : l'école maternelle quand le Blanc se prend pour l'Université. J'ai vécu une situation où les frères, refusant l'action du Blanc par l'intermédiaire du Vert, le Député-Maître est un CBCS, et du Préfet membre de la loge, ne voulaient pas de leur candidat désigné d'office, à savoir le 1er Surveillant qui leur était tout dévoué. Ils ont voté pour le 2nd Surveillant. Scandale. Le Blanc demanda un nouveau tour de vote. Le Vénérable aurait dû refuser mais il se plia à leur demande. Le second tour produisit le même résultat. Colère du Préfet : "Ca ne se passera pas comme cela". Les contestataires continuant à refuser celui qu'on voulait leur imposer démissionnèrent massivement. Ils demandèrent une patente de constitution d'une nouvelle loge à l'obédience et l'obtinrent. Le Grand Maître fut très heureux de jouer ce mauvais tour au Blanc.
C'était avant la Covid. Maintenant les nouveaux maçons réagissent plus rapidement. Autrefois, on les faisait marcher à la carotte voire au bâton avec des menaces pour un avancement dans les hauts grades. Problème : on se trouve avec des candidats venus pour une demande précise, ils ne veulent pas autre chose. Le système maçonnique, l'obédience, les hauts grades et leurs structures, cela ne les intéresse pas du tout pour 80% d'entre-eux sinon plus. Quelles sont ces demandes ? Faire des affaires ou avoir des promotions professionnelles voire trouver un travail avec une paie plus satisfaisante, entrer ou avancer en politique, se trouver isolé dans une région par suite d'une mutation ou d'un changement professionnel et vouloir se faire des amis de qualité et quoi de mieux, en théorie, que d'évoluer dans un milieu dit fraternel ? Pour d'autres, c'est avancer dans sa spiritualité en oubliant les appareils religieux. Quelques-uns ont soif de connaissances, d'occultisme. D'autres veulent réaliser une authentique initiation. Dans les loges mixtes, certaines sœurs et frères, aspirent à trouver le ou la partenaire de vie idéale. Il y a bien d'autres choses encore. Ce qui est maintenant d'actualité, c'est que si l'attente ne se voit pas satisfaite rapidement ou paraît impossible dans ce groupe, on s'en va sans attendre. De plus en plus d'Apprentis ne finissent même plus leur première année. Attendre de faire la Maîtrise, ce qui prévalait avant, se voit rejeté. Pourquoi perdre des années dans un groupe qui n'apporte rien de ce que l'on est venu y chercher ? Sous prétexte que l'on n'aurait pas un bon esprit ? Ceux qui le leur reprocheraient oublient qu'ils restent les fautifs en n'ayant pas su offrir aux nouveaux venus ce qu'ils attendaient d'eux ! Ils ne sont pas parfaits ? Ils ne sont pas des saints ? L'Eternel lui-même n'attend rien de cet ordre des hommes pourquoi quelques maçons se montreraient-ils " plus royalistes que le roi ? " La hiérarchie se tromperait gravement en se comportant ainsi. De quel droit des Conseillers ou des Inspecteurs fédéraux ou des Députés Maîtres ou Préfets se permettraient-ils d'émettre une appréciation négative sur des frères simplement parce qu'ils figurent pas parmi des dignitaires ? A l'inverse rien ne garantit chez les cadres de l'organisation la possession de compétences qui doivent s'avérer multiples dans le cadre d'une initiation qui n'a pas besoin du système voire la rend même impossible chez nous. Les cadres ne s'en doutent pas mais les frères de base les critiquent à fond. Ceci me fait penser à une loge dans les années 90 qui avait l'exigence de vouloir les meilleurs. Meilleur par rapport à quoi et dans quel domaine ? On devrait se le demander. Pour eux, cela se résuma à récupérer des dirigeants de collectivités territoriales. Cette loge ne vécut pas trois ans.
Cette réponse vous permettra, mon TCF, d'analyser ce qui s'est passé ou se vit dans votre groupe en vous faisant comprendre le comportement des partants. On ne peut pas forcer les frères à faire, à subir, ce que l'on exige d'eux sinon ils s'en vont. Ce sont toujours les meilleurs qui s'en vont, les sincères, ceux qui réagissent. Les mous ne bougent pas : beaucoup parmi eux ne visitent jamais. La vie demeure suffisament compliquée, difficile, pour tolérer qu'on nous la rende insupportable, intolérable, si on nous astreint au pire quand on aspirait au meilleur. La carotte cela ne fonctionne plus. Il y a plus de 200 obédiences sans oublier les centaines de loges indépendantes et il y a les fraternelles. On est souvent plus heureux dans sa fraternelle que dans sa loge. Et aucune vous refusera parce que vous avez quitté votre obédience.

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