J'ai visité le rite dit de Stricte Observance, on n'y comprend rien. Je ne reviendrai pas.
- 16 avr.
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Dernière mise à jour : il y a 3 jours
Votre réaction ne rejoint pas seulement celle des visiteurs comme vous mais aussi de membres de loges qui y travaillent et qui viennent d'autres grands rites comme le REAA, le Français, l'Emulation, le RER et j'en passe.
Ce rite mélange des éléments typiques des rites anciens avec ceux des rites dits modernes. Il ne respecte pas les fondamentaux. On se demande où l'on se trouve. On y voit même des anomalies tellement énormes que l'on se demande si quelqu'un les a remarquées et, si à supposer que cela soit le cas, pourquoi ne sont-elles pas corrigées ? Des FF et des SS sentent bien que des choses ne vont pas vu qu'il en fut état à un Convent mais il y aura toujours une opposition avec le non désir de changement d'autres membres. Alors le rite restera comme cela. C'est fort dommage car la Stricte Observance germanique est reconnue pour le faste, la somptuosité des ses cérémonies. Le rituel actuel se situe à l'opposé de ces appréciations, il ferait plutôt pschiiit.
On n'a jamais vu dans le monde un tableau de loge reprenant deux fois un élément mais sur le tapis de loge d'une forme de rite dit de Stricte Observance, il y en a plusieurs, on voit deux équerres à branches inégales : une dans la partie haute, une autre en bas à droite avec le maillet et le ciseau. Les visiteurs s'interrogent sur la position des étoiles en haut du tableau, habituellement on les fait entourer la lune, là elles se trouvent au-dessus du compas. Pourquoi cela ? Du fait d'une autre surprise car ce rite ne respecte pas les grandes lumières traditionnelles de la Maçonnerie. Elles sont pour les rites dits anciens : la Bible, l'équerre et le compas ; pour les rites modernes : le Vénérable maître, le Soleil et la Lune. Cette classification ne peut pas subir de variations. Soit on évolue dans un système soit dans l'autre mais il reste impossible de créer autre chose. Eh bien des loges travaillant au rite actuel de Stricte Observance française actuelle l'acceptent : les étoiles figurant dans le haut du tableau de loge y deviennent une des trois grandes lumières ! Voici pourquoi elles n'entourent pas la lune.
On sait qu'au dix-huitième siècle Paris était un centre important où furent initiés de nombreux personnages étrangers dont le baron Von Hundt qui devint le premier grand maître de la Stricte Observance germanique. A Paris, à l'époque, les valets allumaient toutes les lumières. C'était usuel vu que l'électricité n'existait pas encore. On fit aussi allumer ces étoiles par le MDF avant l'entrée du VM en loge qui n'allume rien. Renté dans son état, Von Hundt reprit cet usage qui disparut rapidement de la pratique française. L'ayant appris, Von Hundt l'abandonna s'alignant à nouveau sur l'usage français. Les germaniques avaient des contacts permanents avec de grands personnages français. On connaît les relations qui s'établirent entre Frédéric II, roi de Prusse, et Louis-Claude de Saint-Martin et d'autres maçons. C'était une époque où l'on s'écrivait beaucoup, où l'on se transmettait rapidement tout ce que l'on découvrait de nouveau ou de plus sensationnel. Toute l'Europe suivait les nouveautés, les changements, les adaptations rituelles. Les germaniques s'adaptaient. Découvrir que les rituels dits de la Stricte Observance germanique ne respectent ni la norme anglaise ou écossaise ni la française ne peut que nous amener a minima à nous interroger. Il convient de préciser ici que toutes les grandes loges, sans oublier les loges indépendantes, n'utilisent pas les mêmes textes.
La SO se disant templière devrait se situer dans la mouvance moderne puisque c'est l'Ordre du Temple qui privilégia l'utilisation de l'évangile de saint Jean quand l'Eglise imposa celui de Luc. Les trois grandes lumières, le Soleil et la Lune et le VM complètent harmonieusement la caractère templier du système. Le soleil correspond au Christ en tant que sol invectus, lumière triomphant des ténèbres, la vie l'emportant sur la mort, qui influencera le Perit ut Vivat. La lune se rapporte à Dame sainte Marie, mère du monde : toutes les grandes traditions ont une mère du monde. Pour nous, il s'agit de Marie, nous le devons aux Templiers pour qui elle était la sainte patronne comme pour les grands ordres de chevalerie religieuse qui étaient quasiment tous catholiques romains comme les Teutoniques. Le Vénérable Maître représente Jean. Il devient celui qui annonce à son tour, qui guide les Cherchants vers la Lumière, vers le Verbe. Il n'a rien à voir avec le Salomon des rites anciens. Par ailleurs, on doit trouver trace de Marie dans les rituels, s'ils se veulent templiers. Ce rite a surtout grand besoin de frères connaissants pour lui donner un corpus parfaitement cohérent et initiatique. Aucune évolution positive ne sera possible dans le contexte actuel. Si une importante rotation des effectifs du fait des démissions importantes dans certaines loges chaque année se vit dans ce rite, c'est parce que les FF et les SS n'y trouvent rien qui leur donnerait l'envie d'y rester.
Ce rite pourrait devenir très original et intéressant si des FF le reprenaient en lui donnant un contenu spirituel et ésotérique parfaitement en accord avec la pratique maçonnique et les valeurs de l'Ordre du Temple dont la religion. Ce qui reste loin d'être le cas aujourd'hui. Je le ferai peut-être un jour, qui sait ?

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